top of page

La Programmation Neuro-Linguistique (PNL) a été développée dans les années 1970 par Richard Bandler, mathématicien et informaticien de formation, et John Grinder, linguiste. Leur démarche initiale ne visait pas à créer une psychothérapie au sens scientifique, mais à modéliser les stratégies de communication et de changement observées chez certains thérapeutes reconnus de l’époque, notamment Milton Erickson (hypnose), Virginia Satir (thérapie familiale) et Fritz Perls (Gestalt-thérapie). La PNL s’est ainsi construite à partir d’observations cliniques et de modèles de communication, et non à partir de protocoles expérimentaux ou de recherches scientifiques contrôlées.

Ce que dit la recherche scientifique sur la PNL

Les évaluations scientifiques disponibles concluent globalement que la PNL, en tant que modèle théorique global, ne dispose pas de preuves empiriques solides permettant de valider ses postulats centraux (ex. mouvements oculaires et accès aux systèmes sensoriels, modélisation universelle de la réussite, etc.).

Plusieurs revues critiques soulignent :

  • l’absence de validation expérimentale robuste de certains concepts fondateurs,

  • des résultats contradictoires ou négatifs dans les études contrôlées,

  • un manque de standardisation des protocoles.

Des institutions scientifiques rappellent ainsi que la PNL ne peut pas être considérée comme une psychothérapie validée au sens scientifique strict.

Rapports et synthèses critiques (résumés en français) :

  • Sharpley, C. (1987, 1988) : analyses montrant l’absence de preuves empiriques fiables soutenant les hypothèses centrales de la PNL.

  • Heap, M. (1988) : revue critique soulignant le manque de fondement scientifique des concepts clés de la PNL.

Ces travaux sont régulièrement cités dans les revues de psychologie académique et les synthèses méthodologiques.

Ce qui, en revanche, reste pertinent et utilisé aujourd’hui

Dire que la PNL n’est pas validée comme modèle scientifique global ne signifie pas que tout ce qui en est issu est inutile.

Avec le recul et les avancées des sciences cognitives, certains outils initialement intégrés à la PNL ont été :

  • retravaillés,

  • sortis de leur cadre théorique d’origine,

  • intégrés dans des approches plus rigoureuses.

Parmi ces apports utiles, on retrouve notamment :

L’attention portée au langage

L’observation fine du langage (formulations, généralisations, distorsions, omissions) rejoint des éléments aujourd’hui bien documentés en psychologie cognitive et en TCC, notamment sur l’impact des pensées automatiques et du discours interne.

Le travail sur les représentations mentales

L’utilisation d’images mentales, de symbolisations et de scénarios internes est également présente dans :

  • les thérapies cognitives,

  • l’hypnose,

  • certaines approches basées sur l’imagerie mentale.

Les ancrages émotionnels

Le principe consistant à associer un état émotionnel à un stimulus est cohérent avec les mécanismes de conditionnement décrits en psychologie expérimentale. En revanche, les promesses de changements rapides et automatiques sont aujourd’hui largement remises en question.

Ce qui n’est plus considéré comme valide aujourd’hui

Les connaissances actuelles invitent à prendre clairement de la distance avec :

  • les modèles explicatifs rigides et universels,

  • l’idée que des techniques standardisées produiraient des résultats identiques chez tous,

  • les promesses de transformation rapide et durable sans travail d’intégration,

  • certaines interprétations simplistes des mouvements oculaires ou des systèmes sensoriels dominants.

Ces éléments ne sont pas étayés scientifiquement et ne sont plus utilisés tels quels dans une pratique sérieuse et éthique.

Comment j’utilise aujourd’hui des outils issus de la PNL

Dans le cadre de mon accompagnement, je n’utilise pas la PNL comme un modèle théorique fermé.

J’en conserve certains outils précis, intégrés à une approche plus large, lorsque cela est pertinent pour la personne, notamment :

  • pour clarifier une situation intérieure,

  • pour travailler sur la perception d’un événement,

  • pour favoriser un changement de point de vue ou de posture.

Ces outils sont utilisés :

  • sans promesse de résultat,

  • sans protocole rigide,

  • en respectant le rythme, les limites et l’histoire de la personne,

  • en articulation avec d’autres approches mieux documentées scientifiquement.

Ce que la science permet d’affirmer aujourd’hui

À l’état actuel des connaissances :

  • la PNL n’est pas validée comme psychothérapie fondée sur des preuves,

  • certains outils qu’elle a popularisés peuvent être utiles lorsqu’ils sont désidéologisés et intégrés à une pratique rigoureuse,

  • l’efficacité d’un accompagnement repose davantage sur la qualité de la relation, du cadre, et de l’adaptation à la personne que sur l’application mécanique de techniques.

Une posture d’accompagnement responsable

Utiliser aujourd’hui des outils issus de la PNL implique :

  • une lecture critique,

  • une actualisation des connaissances,

  • un refus des promesses simplistes,

  • et une inscription claire dans un cadre éthique et professionnel.

Références scientifiques

  • Sharpley, C. F. (1987). Research findings on neurolinguistic programming: Nonsupportive data.
    Journal of Counseling Psychology.

  • Sharpley, C. F. (1988). Predicate matching in NLP: A review of research.
    Journal of Counseling Psychology.

  • Heap, M. (1988). Neurolinguistic programming: An interim verdict.
    In: Hypnosis: Current Clinical, Experimental and Forensic Practices.

  • Witkowski, T. (2010). Thirty-five years of research on NLP.
    Polish Psychological Bulletin.

bottom of page