L’hypnose fait l’objet de nombreuses études depuis plusieurs décennies, notamment dans les domaines de la douleur, du stress, de l’anxiété et de certaines pathologies fonctionnelles. Les institutions scientifiques soulignent cependant un point essentiel : l’efficacité de l’hypnose dépend fortement des indications, du cadre d’utilisation et de la qualité des études.
Un état modifié de conscience étudié par les neurosciences
Les recherches en neuro-imagerie montrent que l’hypnose correspond à un état de conscience particulier, caractérisé par une modification de l’activité de certaines zones cérébrales impliquées dans l’attention, la perception corporelle, la douleur et la régulation émotionnelle.
Les travaux menés par des équipes universitaires indiquent notamment :
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une modulation des réseaux attentionnels,
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une modification de la perception sensorielle,
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une diminution de la réactivité émotionnelle face à certains stimuli.
Ces données soutiennent l’idée que l’hypnose n’est ni du sommeil, ni de la simple relaxation, mais bien un état neurophysiologique spécifique.
Évaluation scientifique en France : le rapport de l’Inserm
En France, l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a publié en 2015 un rapport d’évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, à la demande des pouvoirs publics.
Ce rapport conclut que :
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les données scientifiques sont insuffisantes ou hétérogènes pour certaines indications,
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mais qu’il existe des éléments convergents suggérant un intérêt thérapeutique de l’hypnose dans des contextes précis, notamment :
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la gestion de la douleur (en particulier en contexte de soins),
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l’anxiété liée aux actes médicaux,
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certains troubles fonctionnels digestifs.
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Lien officiel Inserm :
https://www.inserm.fr/rapport/evaluation-de-lefficacite-de-la-pratique-de-lhypnose-2015/
Hypnose et sevrage tabagique : données insuffisantes
Concernant l’arrêt du tabac, la revue Cochrane (référence internationale en médecine fondée sur les preuves) a publié une analyse regroupant 14 études et 1 926 participants.
La conclusion est claire :
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il n’existe pas de preuve scientifique solide permettant d’affirmer que l’hypnose est plus efficace que d’autres méthodes d’aide au sevrage,
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le niveau de certitude des résultats est jugé faible à très faible.
Cette conclusion illustre un point fondamental : l’hypnose n’est pas universellement efficace pour toutes les problématiques.
Lien vers la revue Cochrane (résumé en français) :
https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD001008.pub3//fr
Ce que la science permet d’affirmer aujourd’hui
À l’état actuel des connaissances scientifiques :
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l’hypnose peut constituer un outil d’accompagnement pertinent dans certaines problématiques,
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ses effets varient fortement d’une personne à l’autre,
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elle s’inscrit dans une approche complémentaire, et non substitutive, aux prises en charge médicales lorsque celles-ci sont nécessaires.
Les autorités de santé insistent sur l’importance :
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d’un cadre éthique clair,
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d’une information transparente,
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et du respect des limites de compétence du praticien.
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Une approche centrée sur la personne
Dans le cadre d’un accompagnement, l’hypnose est avant tout utilisée comme un outil de mobilisation des ressources internes, favorisant :
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une meilleure écoute corporelle,
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une régulation émotionnelle plus fine,
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et une relation différente aux sensations, aux pensées et aux expériences vécues.
