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L’emprise psychologique : de quoi parle-t-on vraiment ?

L’emprise psychologique est souvent présentée de façon caricaturale :
un bourreau tout-puissant, une victime totalement passive.
La réalité est beaucoup plus complexe.

👉 L’emprise n’est pas toujours le fait d’une personne “perverse” ou manipulatrice.
👉 Elle peut émerger dans des relations ordinaires, lorsque certaines fragilités se rencontrent.

Une base commune : la peur de l’abandon

Nous avons tous :

  • une peur plus ou moins consciente de perdre l’autre,

  • des comportements défensifs,

  • des zones de vulnérabilité affective.

Chez certaines personnes, cette peur est :

  • plus intense,

  • plus ancienne,

  • plus liée à l’histoire personnelle.

➡️ Cela peut conduire à des relations de dépendance, sans intention de nuire.

Emprise relationnelle ≠ perversité

Il est fondamental de distinguer :

🔴 Les relations réellement abusives

  • domination volontaire,

  • contrôle systématique,

  • isolement,

  • manipulation consciente,

  • dénigrement répété,

  • culpabilisation constante.

👉 Ces situations relèvent de la protection, parfois de la rupture, et nécessitent un accompagnement spécifique.

🟠 Les relations d’emprise “fonctionnelle”

Beaucoup plus fréquentes, elles reposent sur :

  • la peur de l’abandon,

  • le manque de sécurité intérieure,

  • la difficulté à poser des limites,

  • des schémas relationnels répétitifs.

👉 Elles sont travaillables en thérapie.

Exemples concrets de relations toxiques travaillables

1. La relation fusionnelle

  • Difficulté à être seul(e)

  • Besoin constant de rassurance

  • Angoisse quand l’autre prend de la distance

➡️ Travail possible :

  • différenciation,

  • sécurité intérieure,

  • autonomie affective.

2. La relation basée sur la peur de perdre l’autre

  • Suradaptation

  • Effacement de ses besoins

  • Dire “oui” alors que le corps dit “non”

➡️ Travail possible :

  • affirmation de soi,

  • écoute des signaux corporels,

  • réapprentissage du non.

3. Le contrôle “inquiet”

  • Messages fréquents

  • Besoin de savoir où est l’autre

  • Difficulté à tolérer l’incertitude

➡️ Travail possible :

  • régulation émotionnelle,

  • gestion de l’angoisse,

  • confiance relationnelle.

4. Le chantage affectif involontaire

  • “Si tu m’aimais, tu…”

  • “J’ai besoin de toi pour aller bien”

  • Mise en responsabilité émotionnelle de l’autre

➡️ Travail possible :

  • responsabilisation émotionnelle,

  • sortie de la dépendance affective,

  • restauration de la juste place.

Ce que l’accompagnement permet de travailler

En accompagnement thérapeutique, il est possible de :

  • comprendre ses schémas relationnels,

  • identifier la peur sous-jacente (abandon, rejet, solitude),

  • apprendre à poser des limites claires,

  • développer une sécurité intérieure,

  • sortir de la culpabilité,

  • transformer la relation à soi avant de transformer la relation à l’autre.

👉 Le but n’est pas de “changer l’autre”,
👉 mais de reprendre sa place dans la relation.

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